Aimer c'est resister
Aimer, c’est résister.

10 auteurs, 10 voix, 10 courts textes illustrés ouvrant autant de brèches minuscules, de trouées séditieuses dans la tristesse du temps. 10 effractions singulières commises avec le cœur, sourire aux lèvres, sur les accords d’une bande-son originale. Un recueil 2.0 se voulant antidote mélodieux au vacarme du monde.

Ce livre est au format ePub, il a été plus particulièrement développé pour iOS. Edicool ne peut être tenu pour responsable d'un défaut d'affichage ou d'écoute sur d'autres plateformes ou systèmes d'exploitation.
  

Préface


Aimer, c’est résister ?


Encore faut-il y croire et plus encore, sans doute, faut-il parvenir à s’y tenir alors que tout semble concourir à nous en dissuader. Parce que c’est la Crise, la menace terroriste, parce qu’il ne fait pas bon croire. Sauf peut-être au cynisme, au défaitisme, voir au nihilisme, toute cette flopée de -ismes portés en une atroce et grinçante mélopée par des chantres maladifs qu’il faudrait admettre comme seuls lucides au milieu de cette époque où ne règneraient que des fous aveugles et moutonnants. 

Et pourtant... Aimer, c’est résister. Parce qu’aimer c’est croire au singulier, parce que c’est, non pas aimer en général, mais en particulier, un, une, malgré tout. Parce que c’est, encore et toujours, inventer à deux, ici et maintenant, la trouée singulière, exemplaire et pourtant non reproductible qui permet l’échappée belle au milieu du désastre. Et ce, mais encore faut-il s’en rappeler, quel que soit le contexte ou la nature de cet amour. Parce qu’entre les êtres parlants, c’est toujours et uniquement cela qui est en jeu. Et pas seulement dans le couple, cette entité asociale haïe de toute société, qui, souvent malgré elle, fait irréductiblement front à la masse et au commun. 

Non, c’est également ce qui se joue avec nos enfants, nos parents, nos proches et même dans nos relations professionnelles. Mais encore faut-il en savoir quelque chose de cette histoire-là, disait Jacques Lacan. 

Alors évidemment, lorsque Paul Leroy-Beaulieu et Vincent Bernard m’ont proposé de diriger la parution d’un recueil dans cette collection des 10, c’est ce thème-là qui s’est immédiatement imposé. Aimer, c’est résister, pour ce que je peux en savoir après une quarantaine d’années passée à cheminer avec moi-même et avec quelques autres, et plus particulièrement aujourd’hui, ici et là, au sein de ce collectif Cid Errant Prod qui n’a de cesse de montrer qu’effectivement, Aimer, c’est résister.

Aimer, c’est résister, donc. Toujours et seulement de manière singulière, comme le disent finalement au cœur de ce recueil 2.0 les écrivains, les illustrateurs et la compositrice qui s’y sont engagés avec humour, force, douceur, tendresse et dérision, prouvant, je le crois, qu’aimer au milieu de ce monde, c’est faire preuve de courage, d’audace et de lucidité.

Bande son originale de 40 minutes composée par Metatechno

Extrait de 5 minutes de la bande son :

1er Extrait


La laïcité est un chipotage qui ne concerne que les urnes. Et un consensus s'obtiendrait d'autant plus facilement qu'il s'agirait de victuailles. Dukan à l'hôte, demain soir, nous remettrons le couvert. Avec des convives en plus. Qu'on vive bon sang ! Tous les Tunisiens seront bienvenus du moment qu'ils ramènent du taboulé. Mon huile d'olive sera palestinienne et mes légumes israéliens. Je ne suis solidaire de rien, mais je goûte à tout. Auberge espagnole, même le ketchup trône à ma table. Je ne pratique aucune discrimination socio-gustative. Un décroissant vient de se pendre ! Ceci n'est pas un appel à la prière, le muezzin nous invite juste à passer à table. Au minaret, eau minérale pour ceux qui veulent, le sang du Christ pour les autres. De toute façon, avec l'été et les maillots de bain, les blasphèmes vont redevenir bien peu de choses en regard des calories. Rompons le jeunisme ! A bas les crises de foi ! Quoi qu’on en dise, les balances qui s'affolent intéresseront toujours plus que les sondages.


Second Extrait


A priori l’amour c’est justement ce à quoi on tente de résister. Aimer ça fait peur parce que c’est être vulnérable. J’ai vu l’autre jour un film argentin, et le type a une machine à écrire dont la lettre « A » est cassée. Du coup lorsqu’il veut écrire « te amo » (je t’aime) il écrit « temo » (je crains). Aimer c’est ne pas être amer, c’est dans ce « i » là qu’il y a une prise de risque, une générosité. « I » en anglais, « je » homophone du mot « eye », l’œil. Histoire de l’œil. C’est dans l’œil ami et non l’œil amer que naît l’amour, un œil ami mais salé comme la mer. Poivre et sel, et saoûl : gris. La couleur de l’amour. « amour, amour je t’aime tant » chantait Peau d’Âne, amour-amour tu mets ton grain de sel dans mes cheveux et dans mon bain, ton grain de sable dans ma machinerie, ton grain de folie dans ma vie, ton grain de beauté sur ma joue et dans mes yeux.

  
Vincent Bernard
Crédits Emmanuel Donny
Vincent Bernard est résolument protéiforme, schizoïde et multi-casquettes. Vincnet B. lorsqu’il signe sur la toile et Vincent B. pour le papier, n’est ni un ayatollah du numérique, ni un farouche défenseur de l’ancien livre. Bien qu’il ait reçu une formation clinique, il a officié pendant 10 ans comme chef de projet en ingénierie de l’information, et se consacre aujourd’hui pleinement à sa carrière d’auteur à la petite semaine. Intervenant en atelier d'écriture, il intervient également lors de stages d'éducation à l'image, ainsi que dans divers projets à vocation citoyenne.
  
Alain Cofino Gomez
Depuis 1989, je fais du théâtre ma vie. Je travaille avec des compagnies, des acteurs et des metteurs en scène... à Bruxelles, à Marseille, à Amiens, à Caen, à Pescara, Paris, Liège, et cætera... Je fais théâtre seul ou en bonne compagnie, dans un esprit ouvert sur le monde et toutes les formes artistiques et culturelles, mais aussi dans une implication citoyenne de l’art ... Je suis boursier des Services Culturels et des Arts de la Scène tant en Belgique qu’en France. J’ai été résident en la Chartreuse et Lauréat du Prix de la SACD
  
Laurent Maindon
Il mesurait bien 1m70 lorsqu'il découvrit la littérature, sur le tard donc. Il lui fallut quelques centimètres supplémentaires pour soulever le voile de l'écriture et entamer un corps à corps avec les mots. Depuis mon mètre 78, il a rédigé un triptyque poétique : L'Alphabet des Jours suivi de Miroir des Insomnies (paru aux 39 Marches) qui s'achève sur Généalogie d'une ombre (éditions Apaxe). Il poursuit actuellement ses recherches poétiques parallèlement à l'écriture d'un recueil de nouvelles, Des rives de l'insu, inédit à ce jour. Parallèlement, passionné de théâtre, il en a fait son métier depuis sa taille actuelle. Il est metteur en scène et directeur artistique du Théâtre du Rictus.
  
AH Benotman
AH Benotman est un "étranger d'origine française" né à Paris dans le 20e. Il a tout jeune immigré dans le 6e où il a fait sa scolarité jusqu'à l'âge de 15 ans. La police lui ayant arrêté ses études, Hafed a eu la chance de se voir offrir par l'Etat 17 ans de résidence d'auteur dans les prisons de France. A ce jour et depuis 1996, Hafed est invisible car il n'a pas de papier, la préfecture les lui refuse sous divers prétextes un peu bidon. Etant d'une culture où on se lave le fondement à l'eau, Hafed ne souffre pas trop de ce manque de papier... Très jeune il s'est mis à écrire et à lire, ce qui a foutu en l'air sa belle et prometteuse carrière criminelle..., ses amis gangsters se refusant de travailler dans le domaine bancaire avec un poète. Il publie régulièrement chez Rivages /Noir.
  
Hélène Sturm
Après avoir pratiqué différents métiers dans l’enseignement et l’audiovisuel (2001, sur le télétexte d’Arte de « Tout le monde s’en fout », 70 romans d’une page), Hélène Sturm publie son premier roman Pfff aux Editions Joëlle Losfeld en 2011.
  
Conchita Watson
  
Alizé Meurisse
Alizé Meurisse est née en 1986. Écrivain, peintre et photographe, elle publie son premier roman, Pâle sang bleu aux éditions Allia en 2007. Elle conçoit la couverture des albums des Babyshambles et de Pete Doherty dont elle fait la connaissance à Londres, après ses classes d'Hypokhâgne et Khâgne au lycée Fénelon à Paris. En 2008, elle réalise le clip de " J'ai Couché avec le Diable", publie son second roman Roman à Clef toujours chez Allia en 2010. En 2011 elle traduit The England Dreaming Tapes de Jon Savages pour les éditions Allia et expose pour la première fois ses dessins/peintures/collages à la Galerie Nuke.
  
Caroline Duris
Caroline Duris a obtenu plusieurs diplômes musicaux, aux Conservatoires Nationaux Supérieurs de Musique de Lyon et de Paris. Au service du 7e art, Caroline Duris est, pianiste interprète, conseiller musical et coach d’acteurs pour des productions cinématographiques :"De battre mon coeur s'est arrêté", de Jacques Audiard, Diane Bertrand, Jean-Daniel Veraeghe, Bruno Chiche en 2010 et Michael Haneke en 2011.  La musique électronique trouve aussi place dans le parcours artistique de Caroline Duris. Son projet "MÉTATECHNO" est d’ailleurs apprécié par les magazines Trax, Tsugi et Diva. A partir de 2009, elle joue en « live » (Berlin, Londres, Bruxelles, Paris, Limoges, ...) mêlant piano acoustique et machines . En 2011, sort un nouvel EP de METATECHNO, toujours sur le label Biologic Records. Ce nouveau projet fait la part belle aux expérimentations visuelles et accueille ainsi des vidéastes comme Johanna Vaude, Wilfrid VJ et Cécile Lacombe. Les productions de Caroline se caractérisent par une volonté de capter les "états d'être", là où interviennent la magie du lieu, la diversité esthétique, l'évasion hédoniste, dans le désir d’accéder à la dimension rituelle et/ou religieuse de la musique électro progressive expérimentale.
  
Virginie Vaylet
Virginie Vaylet est née à la fin des années 70. Après une hypokhâgne et des études d'Histoire,elle a enchaîné les petits boulots. Entichée d'un fou et n'ayant jamais appris à rêver à l'étroit, a cofondé le collectif artistique Cid Errant Prod dans lequel elle intervient désormais au gré de ses envies. "Chronique des fluides" est son second texte publié. www.ciderrantprod.com
  
Franck-Olivier Laferrère
Franck-Olivier Laferrère est né en 1972. Il est cofondateur du Collectif artistique Cid Errant Prod.
En 2005 il publie son 1er roman " Incorrigible & Satisfait ", éd. Le Manuscrit.
De 2005 à 2007 il tient un blog puis rejoint la revue Strictement-Confidentiel à laquelle il participe jusqu'en 2008.
Il est également auteur et metteur en scène de trois spectacles dont deux pièces de théâtre :
Suspendus, créée en 2009, Lawrence d'Arabie à contre-corps en 2010 et d'un oratorio : Pax Machina en 2011.
Dolce Vita est son second texte publié dans cette collection et "Aimer, c'est résister " sa première direction de publication.
www.ciderrantprod.com
  
Sylvain Levey
Auteur associé au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis en 2006-2007 (avec L. Hamelin, P. Malone et M. Simonot, avec lesquels il fonde le collectif Petrol) ; il collabore avec la Comédie de Valence en 2006 et avec l’Institut international de la marionnette de Charleville-Mézières en 2007 ; En 2009-2010, il est auteur associé à l’Espace 600 de Grenoble ; il travaille régulièrement avec le théâtre de la tête noire à Saran ; Invité du festival Actoral à Marseille en 2010 pour son texte Pour rire pour passer le temps. À l’étranger : auteur en résidence à la Sala Beckett (Barcelone), au Théâtre Les Gros becs (Québec), dans le cadre de Labo07 à Stockholm, écrit un texte pour le Shaubhune (Berlin). Alice pour le moment est traduit en allemand ; Ouasmok ? en anglais, Pour rire pour passer le temps en anglais, catalan, serbe, tchèque et hongrois. Il est lauréat des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre 2003 et de Nîmes Culture 2004 pour Ô ciel la procréation est plus aisée que l’éducation Il a écrit une quinzaine de textes, la plupart publiés aux éditions Théâtrales et notamment créés par Cyril Teste, Guillaume Doucet, Marie Bout, Laurent Maindon ou Pierre Tual. Des lieux comme le 104, le théâtre de l’est parisien, le grenier à sel, le théâtre de la citée internationale, la maison des cultures du monde, Montévidéo, festival à contre courant d’Avignon, Onyx ont accueilli des productions de ses textes.
  
Gorellaume
  
Pwcca
Né en 1977 le jour de son anniversaire, dans un bled pourri. Il vit une enfance longue et pénible. Envoyé au bagne à l'âge de 5 ans, il s'en échappe 24 ans plus tard. grand théoricien de la flemme et maître des ténèbres, il tente de survivre en produisant de la pollution visuelle. en 2009 il rencontre un certain FOL qui lui apprend à lire, et se met a fréquenter les milieux beatnik et sado maso, il s'initie à la propagande visuelle et dessine pour la culture.
  
Jeff Roland
Jeff Roland est un tripal ... Rien n’est figé dans ses toiles, ni expliqué. Enchevêtrement énigmatiques de visages, mains assumant leur vie propre et… le lapin.  Cet attribut déroutant de «l’enfant-ce » traque la complaisance et la naïveté en s’imposant dans un monde d’adultes qui se perdent dans d’étranges vérités. Sans regard sur l’autre, chacun prend sa place de solitude dans un univers abyssal de couleurs constellées.  Le soufre ocré, les bleus chauds, les verts rougeoyants n’aident en rien l’humain qui se débat dans ses incertitudes et une réalité plurielle. Jeff Roland est un dissident inspiré                Nadine Servant " www.jeffroland.org