Olivier Cimelière

Après voir été journaliste en presse écrite et en radio pendant quelques années à la sortie
de son école de journalisme (CELSA), Olivier Cimelière s’est orienté vers la communication
d’entreprise dans successivement le secteur pharmaceutique, le secteur alimentaire et le
secteur des technologies de l’information et de la communication. Olivier Cimelière compte
plus de 20 ans d’expérience professionnelle en communication interne, communication
de crise, communication institutionnelle, relations presse et réseaux sociaux. Il anime en
outre un blog personnel sur la communication, l’information, la réputation et la distorsion
d’image : www.leblogducommunicant2-0.com.
Journalistes, nous avons besoin de vous !
Jamais les médias n’ont affronté une période aussi turbulente et viciée
qu’actuellement. Les lecteurs désertent, surtout les jeunes générations, et les comptes d’exploitation
sont en berne devant une presse gratuite qui essaime, une publicité qui rétrécit et
Internet qui tisse sa toile à vitesse supersonique à travers les médias sociaux. Les dirigeants
de presse sont désemparés. Ils subissent de plein fouet l’explosion des modèles économiques
si souvent rafistolés à coups de subventions et de mannes publicitaires. Modèles que le Web
achève de piétiner par sa culture du gratuit et de l’instantanéité.
Ensuite, la profession journalistique est pointée d’un doigt accusateur pour ses collusions
trop systématiques, ses dérapages éditoriaux et ses dérives déontologiques. A vouloir trop souvent
s’imposer juge avant les juges, à préférer commenter et critiquer plutôt qu’éclairer et
expliquer, à force de jouer un obséquieux pas-de-deux avec les pouvoirs politiques et les puissances
financières tout en invoquant la sacro-sainte éthique journalistique, les journalistes ont
brouillé les fondamentaux de la profession et dilué autant son essence que sa raison d’être.
A force de se tirer des balles dans un pied et d’avancer à cloche-pied de l’autre sur les
terrains mouvants des jeux d’influence, la presse française est désormais débordée par des
citoyens qui s’improvisent journalistes. Sur leur terrain de jeu qu’est Internet, ces derniers
entendent faire aussi bien sinon mieux que les titulaires patentés. On atteint désormais des
paradoxes insoupçonnés qui font que le blog dénonciateur d’un quidam lambda est forcément
moins suspect de connivence et de parti-pris que l’éditorialiste d’un grand titre national.
Aujourd’hui, il y a urgence. Que faire pour remagnétiser la boussole éditoriale et économique
des journalistes ? Le journalisme de qualité doit continuer à vivre. Pas seulement pour
les journalistes eux-mêmes mais pour la société démocratique toute entière dans laquelle nous
avons encore la chance de vivre. Même si la presse ne sera jamais parfaite, elle vaut tout de
même mieux que ce marché aux puces de l’information déstructurée qui déboule et dégouline
partout et à tout instant.
Enfants gâtés de la démocratie que nous sommes, n’oublions pas que lire un journal, un site ou écouter une émission sont des actes de liberté et de démocratie. Politiques, entreprises, citoyens, tous autant que nous sommes, avons intérêt à disposer encore d’une presse valable et solide. Si nous ne le faisons pas pour nous, faisons-le au moins pour la génération numérique qui va prendre le relais. Avec la multiplicité actuelle des canaux d’information, l’enjeu est de lui éviter une cacophonie informative abrutissante où chacun s’enferme à double tour dans sa “vérité d’airain” et cherche à intoxiquer l’autre à force de crier plus fort et plus vite.
Enfants gâtés de la démocratie que nous sommes, n’oublions pas que lire un journal, un site ou écouter une émission sont des actes de liberté et de démocratie. Politiques, entreprises, citoyens, tous autant que nous sommes, avons intérêt à disposer encore d’une presse valable et solide. Si nous ne le faisons pas pour nous, faisons-le au moins pour la génération numérique qui va prendre le relais. Avec la multiplicité actuelle des canaux d’information, l’enjeu est de lui éviter une cacophonie informative abrutissante où chacun s’enferme à double tour dans sa “vérité d’airain” et cherche à intoxiquer l’autre à force de crier plus fort et plus vite.


